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Beaucoup de propriétaires mettent une pierre à sel à disposition de leur cheval en pensant que cela suffit à couvrir ses besoins. Pourtant, la réalité est plus nuancée : certains chevaux ne consomment pas assez de sel, même lorsqu’un bloc est disponible en libre accès.
Le sel est indispensable au cheval : il participe à l’hydratation, à la digestion, aux contractions musculaires et à la transmission nerveuse. Pourtant, une pierre à sel ne garantit pas que le cheval couvre ses besoins. Les études citées par Rehactiv’Equine montrent une grande variabilité individuelle : certains chevaux consomment très peu de sel, d’autres beaucoup. Plus de la moitié des chevaux observés dans une étude ne couvraient pas leurs besoins de base uniquement par consommation volontaire. L’apport en sel doit donc être réfléchi, observé et adapté au cheval.
Chez l’humain, on parle souvent d’excès de sel. Chez le cheval, la problématique est souvent différente : de nombreux chevaux peuvent manquer de sodium dans leur ration, car l’herbe, le foin et les céréales en contiennent généralement peu.
Le sel est composé principalement de sodium et de chlore. Ces deux éléments jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’organisme.
Il aide à réguler l’équilibre hydrique, la transmission nerveuse et les contractions musculaires.
Il participe à la digestion, notamment via la formation de l’acide chlorhydrique dans l’estomac.
Quand le cheval transpire, il perd de l’eau mais aussi des électrolytes, dont du sel.
Une carence en sel peut contribuer à de la fatigue, une moins bonne hydratation, des troubles musculaires ou digestifs. C’est donc un sujet important, surtout en période de chaleur, après un effort ou chez les chevaux qui transpirent beaucoup.
Les électrolytes sont utiles, notamment en été ou après un effort. Mais ils ne contiennent pas toujours suffisamment de sel. Un apport en sel à côté peut donc être nécessaire selon le cheval, son activité et les conditions climatiques.
D’après le NRC, un cheval au repos aurait besoin d’environ 25 g de sel par jour, soit environ 1,5 cuillère à café.
Le foin ou l’herbe peuvent en apporter une petite partie, mais la teneur varie selon les fourrages, les sols, les lieux de récolte et les conditions de production.
Une étude citée par Rehactiv’Equine a observé 16 chevaux adultes pendant quatre périodes de 7 jours. Les chevaux avaient accès au sel sous deux formes : un bloc classique à lécher ou du sel libre en vrac/poudre. La consommation a été pesée à la fin de chaque période.
| Résultat de l’étude | Ce que cela signifie pour les propriétaires |
|---|---|
| La forme du sel n’a pas influencé significativement la quantité totale consommée. | Bloc ou sel libre, le plus important reste d’observer ce que consomme réellement le cheval. |
| La consommation variait de 2 g à 135 g par jour. | Chaque cheval est différent : certains consomment très peu, d’autres beaucoup. |
| Plus de la moitié ne couvraient pas leurs besoins de base. | Une pierre à sel disponible ne garantit pas un apport suffisant. |
Si votre cheval fait partie des petits consommateurs, laisser un bloc à disposition peut ne pas suffire. Il peut lécher un peu, mordiller, s’y intéresser de temps en temps… sans pour autant ingérer la quantité nécessaire.
L’article source rappelle aussi que la langue peut s’irriter avant que le cheval ait ingéré suffisamment de sodium. C’est un point important, car on imagine souvent qu’un cheval peut compenser seul en léchant plus longtemps.
Non, le cheval ne sait pas toujours réguler naturellement ses apports en sel. C’est une croyance très répandue, mais les études citées montrent que la consommation volontaire peut être insuffisante.
La pierre à sel est pratique : on l’accroche au box, on la pose dans un abri, et le cheval y a accès quand il veut. Mais cela ne veut pas dire qu’elle est suffisante.
On ne sait pas combien le cheval consomme réellement.
Certains chevaux lèchent très peu leur pierre.
Une pierre peut prendre la poussière, héberger bactéries ou champignons.
Dans un troupeau, une pierre partagée peut aussi devenir un support de transmission de certains agents pathogènes. Ce n’est pas une raison pour paniquer, mais c’est un paramètre à garder en tête.
Assurer une bonne hydratation est un vrai sujet chez le cheval, notamment lors des transports, en hiver, par forte chaleur ou chez les chevaux sensibles aux coliques d’impaction.
Une étude menée par Kentucky Equine Research a observé huit hongres adultes au repos. Chaque cheval a testé quatre protocoles différents autour de deux repas quotidiens de 500 g d’un aliment identique.
| Protocole | Principe |
|---|---|
| Ration sèche | Aliment distribué sec. |
| Ration mouillée | Ajout de 1,2 litre d’eau à chaque repas. |
| Ration mouillée + sel le matin | Ajout de 1,2 litre d’eau à chaque repas + 28 g de sel le matin. |
| Ration mouillée + sel matin et soir | Ajout de 1,2 litre d’eau à chaque repas + 14 g de sel à chaque repas, soit 28 g par jour. |
Mouiller la ration peut être utile, par exemple si le cheval boit peu en hiver, en transport ou avec une eau très froide.
Associer eau + sel dans la ration semble plus efficace pour stimuler la prise de boisson.
Toutes les pierres à sel ne se ressemblent pas. Certaines sont simples, d’autres enrichies, d’autres très mises en avant pour leur aspect naturel ou esthétique.
C’est la forme la plus classique. Elle apporte principalement du sodium et du chlore. Elle est simple, lisible et souvent bien acceptée par les chevaux.
Il attire beaucoup les humains par sa couleur rose, liée à sa teneur en oxyde de fer. Il contient aussi de faibles traces d’oligo-éléments comme le magnésium, le calcium ou le zinc.
Mais ces quantités sont très faibles et n’ont pas forcément d’impact nutritionnel réel pour le cheval. L’article de Rehactiv’Equine rappelle que cet argument est souvent utilisé commercialement.
Le sel marin peut sembler naturel, mais l’article source rappelle qu’il peut présenter des risques de contamination par des métaux lourds ou des microplastiques, en lien avec la pollution des océans.
Certaines pierres sont enrichies en minéraux, en sélénium ou en iode. Elles peuvent avoir un intérêt dans certains cas, mais doivent être utilisées avec prudence si l’on ne connaît pas l’ensemble des apports de la ration.
Les pierres enrichies en iode doivent être maniées avec précaution. Le seuil d’intoxication à l’iode est relativement faible chez le cheval. Il faut donc surveiller l’apport global : alimentation, compléments et blocs compris.
L’article source évoque également le sel micro-encapsulé, qui peut être plus intéressant chez certains chevaux sensibles, notamment ceux sujets aux troubles digestifs ou aux ulcères.
Le sel de l’Himalaya est souvent présenté comme naturel et pur. Pourtant, son extraction et son transport soulèvent des questions éthiques et environnementales.
Il provient principalement des mines de Khewra, au Pakistan. L’article de Rehactiv’Equine rappelle que les conditions de travail peuvent y être difficiles, avec des environnements dangereux, mal ventilés et peu protecteurs.
À cela s’ajoute le transport sur des milliers de kilomètres, avec un impact carbone important. Puisqu’il n’apporte pas de bénéfice nutritionnel notable par rapport à un sel plus simple, son intérêt réel mérite d’être questionné.
D’après une étude menée auprès de 342 participants aux États-Unis, les pratiques étaient réparties ainsi :
| Type de sel utilisé | Part des participants |
|---|---|
| Sel blanc simple | 30 % |
| Sel enrichi en minéraux | 29 % |
| Sel de l’Himalaya | 27 % |
| Aucun sel | 1 personne seulement |
Mais les préférences des propriétaires ne sont pas forcément celles des chevaux.
Les chercheurs ont ensuite réalisé une étude de terrain dans un centre universitaire avec des juments âgées en moyenne de 17 ans. Elles vivaient en petits groupes, dans des paddocks sans herbe sauf pendant une partie de l’étude menée au pré.
Les chevaux avaient du foin à volonté et aucun sel ajouté dans leur ration. Quatre types de blocs étaient placés côte à côte dans des seaux en caoutchouc :
Les chercheurs ont utilisé une caméra à capteur de mouvement. À chaque passage d’un cheval, une vidéo de 30 secondes était enregistrée. Les blocs changeaient de place toutes les deux semaines afin d’éviter une préférence liée à l’emplacement.
Les chevaux n’ont pas montré de préférence marquée entre le sel blanc, le sel enrichi en minéraux ou le sel enrichi en sélénium. Aucune différence claire n’a non plus été observée entre un bloc neuf et un bloc déjà utilisé.
Pour les chevaux qui ne consomment pas assez spontanément leur pierre à sel, l’alternative la plus logique est d’ajouter directement du sel dans la ration quotidienne.
Cela permet de mieux contrôler l’apport réel, à condition de respecter les dosages adaptés au poids, à l’activité et à l’état général du cheval.
Certaines personnes placent la pierre à sel directement dans la mangeoire. Le cheval peut alors ingérer un peu de sel en mangeant. Mais cette méthode ne permet toujours pas de savoir précisément combien il consomme.
Le cheval peut excréter l’excès de sel via les reins. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut en donner sans réfléchir.
Un apport trop important peut augmenter la quantité d’urine, salir plus rapidement le lieu de vie et demander un travail supplémentaire aux reins.
L’article source rappelle aussi qu’un prélèvement urinaire peut être plus utile qu’une prise de sang pour vérifier certains éléments liés à l’excrétion du sodium.
Pas forcément. Les études citées par Rehactiv’Equine montrent que certains chevaux ne consomment pas assez de sel, même lorsqu’un bloc est disponible en libre accès.
Selon le NRC, un cheval au repos aurait besoin d’environ 25 g de sel par jour. Les besoins peuvent augmenter avec la chaleur, le travail, la transpiration ou le stress.
Pas toujours. Certains électrolytes ne contiennent pas assez de sel pour couvrir les besoins du cheval. Il faut vérifier leur composition et adapter les apports.
Les études citées montrent que les chevaux ont davantage utilisé le sel blanc classique que le sel de l’Himalaya. Le sel de l’Himalaya attire souvent davantage les humains que les chevaux.
Il faut observer sa consommation d’eau, son comportement, sa transpiration, son urine et son utilisation réelle de la pierre à sel. En cas de doute, demandez conseil à votre vétérinaire ou à un professionnel en nutrition équine.
Oui. Un excès peut augmenter la quantité d’urine et solliciter les reins. Les apports doivent rester adaptés au cheval, à son activité et aux conditions climatiques.
Cet article est un résumé pédagogique de l’article de Maud Chatel publié sur Rehactiv’Equine. Pour lire l’article complet et retrouver le détail des études, consultez la source originale.
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