Les ulcères gastriques sont fréquents chez le cheval, en particulier chez les chevaux de sport et de course. Leurs signes sont souvent discrets, et beaucoup de propriétaires ne pensent pas à cette cause face à un cheval grognon ou qui mange moins. Voici ce que dit la science, et comment réduire les risques.
EN BREF
Le syndrome d’ulcère gastrique équin regroupe deux maladies distinctes, selon la zone de l’estomac touchée. Les principaux facteurs de risque sont les longues périodes sans manger, les rations riches en amidon, l’exercice intense et le stress. Seule une gastroscopie permet un diagnostic certain.
Pourquoi le cheval y est-il sensible ?
L’estomac du cheval sécrète de l’acide en continu, même quand il ne mange pas. Dans la nature, le cheval mange presque toute la journée, et la salive produite pendant la mastication tamponne cette acidité. Quand les repas sont espacés ou que le cheval reste longtemps sans fourrage, la muqueuse de l’estomac est plus exposée.
Deux formes différentes
Le consensus publié en 2015 par le Collège européen de médecine interne équine (ECEIM) distingue deux maladies :
| Forme | Zone touchée | À retenir |
|---|---|---|
| Maladie de la muqueuse squameuse (ESGD) | Partie haute de l’estomac, peu protégée contre l’acide | La forme la plus classique, liée notamment à l’alimentation et à l’exercice |
| Maladie de la muqueuse glandulaire (EGGD) | Partie basse de l’estomac | Des mécanismes différents, encore étudiés ; une prise en charge distincte |
Les signes possibles
- Appétit capricieux, repas laissés.
- Perte d’état, poil terne.
- Changement de comportement : cheval grognon, sensible au sanglage.
- Baisse de performance.
- Petites coliques à répétition.
Aucun de ces signes n’est spécifique : d’autres problèmes peuvent les provoquer, comme une douleur liée à la selle ou aux dents. D’où l’intérêt d’en parler au vétérinaire, et de lire comment reconnaître la douleur chez le cheval.
Diagnostic et traitement
Le diagnostic repose sur une gastroscopie : le vétérinaire observe l’intérieur de l’estomac avec une caméra, après un jeûne. Le traitement est prescrit par le vétérinaire selon la forme et la gravité. N’administrez jamais de traitement anti-ulcère sans prescription.
Prévenir par l’alimentation et le mode de vie
- Du fourrage à volonté ou presque, pour éviter les longues périodes à jeun.
- Des repas de concentrés plus petits et fractionnés, en limitant l’amidon par repas : voir ce que la science nous apprend sur les aliments.
- Un peu de fourrage avant le travail, plutôt qu’un cheval à jeun.
- Du temps au pré et des congénères, pour limiter le stress.
- Une attention particulière lors des transports et des compétitions.
Un nutritionniste équin peut vous aider à revoir la ration, en lien avec votre vétérinaire.
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Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l’avis de votre vétérinaire. En cas de doute sur l’état de santé de votre cheval, contactez-le.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon cheval a des ulcères ?
Seule une gastroscopie réalisée par un vétérinaire permet de le confirmer. Les signes, comme un appétit capricieux ou une sensibilité au sanglage, ne sont pas spécifiques.
Quels chevaux sont les plus touchés ?
Les ulcères sont particulièrement fréquents chez les chevaux de course et de sport, mais tous les chevaux peuvent être concernés.
Comment prévenir les ulcères gastriques ?
En limitant les périodes à jeun, en fractionnant les repas de concentrés, en donnant du fourrage avant le travail et en réduisant le stress.
Peut-on traiter les ulcères sans vétérinaire ?
Non. Le diagnostic et le traitement relèvent du vétérinaire.
Sources
- Sykes B.W. et al., « European College of Equine Internal Medicine Consensus Statement: Equine Gastric Ulcer Syndrome in Adult Horses », Journal of Veterinary Internal Medicine, 2015
- IFCE Equipedia : fiches sur l’alimentation et la santé digestive