La redaction Cheval & Co
10 July 2026 · 8 min de lecture
L'alimentation du cheval repose sur trois piliers indispensables : l'énergie, les protéines et les minéraux. Ce guide synthétise les références INRA et NRC pour comprendre et couvrir les besoins de votre cheval.
L'alimentation du cheval repose sur trois piliers : l'énergie pour entretenir l'organisme, les protéines pour maintenir la masse musculaire, et les minéraux et vitamines pour le bon fonctionnement de toutes les fonctions physiologiques. Comprendre ces besoins est indispensable pour toute personne qui s'occupe d'un équidé, qu'il soit au pré ou en concours.
Le cheval est un herbivore monogastrique de grande taille. Son estomac est petit, environ 10 litres pour un cheval de 500 kg, ce qui le rend inadapté aux repas volumineux. Dans la nature, le cheval passe 16 heures par jour à brouter de petites quantités en continu.
Le transit intestinal du cheval est rapide : 24 à 72 heures selon les portions du tractus. Cette vitesse limite la fermentation mais assure une digestion efficace des particules fines.
L'estomac produit de l'acide chlorhydrique en continu, qu'il y ait nourriture ou non. C'est pourquoi un cheval ne doit jamais rester à jeun plus de 4 heures, sous peine de voir l'acide attaquer la muqueuse gastrique et favoriser l'apparition d'ulcères.
L'énergie est le besoin quantitativement le plus important. En France, l'INRA a développé l'UFC (Unité Fourragère Cheval) pour exprimer les besoins et la valeur énergétique des aliments. Une UFC correspond à la valeur énergétique nette d'un kilogramme d'orge de référence.
Les besoins d'entretien d'un cheval adulte au repos sont calculés à partir du poids métabolique (PV^0,75). La formule de référence donne une dépense d'entretien de 84 kcal d'énergie nette par kilogramme de poids métabolique, soit environ 7,3 UFC par jour pour un cheval de 500 kg.
Les besoins énergétiques augmentent avec le travail, la croissance, la gestation et la lactation. Voici les valeurs de référence pour un cheval de 500 kg :
| Statut physiologique | UFC/jour | MADC (g/jour) | Remarques |
|---|---|---|---|
| Entretien (au repos) | 7,3 | 280 | Base de calcul pour tout rationnement |
| Travail léger (1 h/jour) | 8,8 | 350 | Marche et trot sur terrain plat |
| Travail moyen (2 h/jour) | 10,3 | 430 | Saut d'obstacles, dressage intensif |
| Travail intense (compétition) | 12,2 | 550 | Endurance, complet, courses |
| Gestation (dernier tiers) | 8,0 | 400 | Augmentation progressive au 9e mois |
| Lactation (1er mois) | 11,5 | 750 | Pic de besoins au début de la lactation |
| Croissance (12 mois, 300 kg) | 6,0 | 450 | Croissance rapide, équilibre Ca/P critique |
Les protéines fournissent les acides aminés nécessaires à la synthèse musculaire, au renouvellement des tissus et à la production de lait. L'INRA exprime les besoins en MADC (Matières Azotées Digestibles Cheval), qui correspondent à l'azote digestible absorbé au niveau de l'intestin.
Un cheval de 500 kg au repos a des besoins d'entretien d'environ 280 g de MADC par jour. Ces besoins augmentent avec le travail pour compenser la dégradation musculaire, et atteignent 750 g/jour chez la jument en début de lactation.
Un excès de protéines n'améliore pas les performances. Il surcharge le foie et les reins, qui doivent éliminer l'azote excédentaire. L'objectif est de couvrir les besoins, pas de les dépasser.
Au-delà de l'énergie et des protéines, plusieurs équilibres minéraux et vitaminiques sont critiques pour la santé du cheval. Les références INRA et les tables du NRC mettent en évidence trois rapports particulièrement importants.
Le rapport Ca/P doit se situer entre 1,5 et 2,0 pour un cheval adulte. Un excès de phosphore bloque l'absorption du calcium et peut provoquer des troubles osseux, notamment chez le jeune cheval en croissance.
Ce rapport doit être compris entre 0,14 et 0,25. Un déséquilibre peut affecter le développement du cartilage de croissance chez le poulain et la qualité de la robe chez l'adulte.
Ce rapport doit se situer entre 5 et 10. La vitamine D favorise l'absorption du calcium, mais un excès est toxique. La vitamine A, apportée par les caroténoïdes des fourrages verts, intervient dans la vision, la reproduction et l'intégrité des muqueuses.
La petite taille de l'estomac impose une distribution des repas en plusieurs fois. Le cheval au boxe doit recevoir au minimum 2 à 3 repas de concentré par jour, espacés de 8 heures. Le foin, lui, doit être disponible en continu ou au moins distribué en 2 fois minimum.
Chaque cheval est unique. La race, l'âge, le niveau de travail et l'état de santé modifient les besoins nutritionnels. Un nutritionniste équin peut vous aider à établir une ration adaptée à votre situation.
Les informations de cet article sont issues des documents de référence suivants, présents dans la Bibliothèque de sources de Cheval & Co :
Le cheval doit recevoir au minimum 2 à 3 repas de concentré par jour, espacés d'au moins 8 heures. Le foin doit être disponible en continu ou distribué au moins 2 fois. Cette fréquence s'explique par la petite taille de l'estomac (environ 10 litres) et la production continue d'acide gastrique.
L'UFC (Unité Fourragère Cheval) est l'unité de mesure de l'énergie développée par l'INRA. Une UFC correspond à la valeur énergétique nette d'un kilogramme d'orge de référence. Elle permet d'exprimer à la fois les besoins du cheval et la valeur énergétique des aliments.
Les besoins protéiques sont exprimés en MADC (Matières Azotées Digestibles Cheval). Un cheval de 500 kg au repos a besoin d'environ 280 g de MADC par jour. Ce besoin monte à 430 g pour un travail moyen et 750 g pour une jument en début de lactation.
Le rapport Ca/P doit se situer entre 1,5 et 2,0. Un excès de phosphore bloque l'absorption intestinale du calcium, ce qui peut entraîner des troubles osseux. C'est particulièrement critique chez le poulain en croissance, où un déséquilibre peut affecter le développement du squelette.
Les besoins nutritionnels du cheval se résument en trois chiffres clés pour un animal de 500 kg au repos : 7,3 UFC, 280 g de MADC et un rapport Ca/P entre 1,5 et 2,0. Le respect de ces valeurs, associé à une distribution fréquente des repas, garantit une alimentation équilibrée.
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