Herbe, sucres et fourbure : comprendre le rôle des glucides dans les pâtures

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13 April 2026 · 3 min de lecture

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Fourbure cheval et herbe : ce que dit vraiment la science sur les sucres des pâtures La fourbure du cheval est souvent associée à l’herbe riche, mais les mécanismes restent mal compris. Pourtant, une étude scientifique majeure publiée dans le Journal of Nutrition apporte des réponses précises sur le

Fourbure cheval et herbe : ce que dit vraiment la science sur les sucres des pâtures

La fourbure du cheval est souvent associée à l’herbe riche, mais les mécanismes restent mal compris. Pourtant, une étude scientifique majeure publiée dans le Journal of Nutrition apporte des réponses précises sur le rôle des sucres des pâtures (NSC).

À retenir

  • L’herbe peut contenir des niveaux très élevés de sucres
  • Les fructanes sont fortement impliqués dans la fourbure
  • Le risque varie selon l’heure, la saison et le climat
  • La gestion du pâturage est essentielle pour prévenir

Une étude scientifique de référence

Une étude publiée dans The Journal of Nutrition par Longland A.C. et Byrd B.M. (2006) analyse en détail le lien entre les pâtures et la fourbure.

👉 Lire l’étude complète : Pasture Nonstructural Carbohydrates and Equine Laminitis

Les auteurs expliquent que les pâtures peuvent contenir plus de 400 g/kg de glucides non structuraux (NSC), incluant sucres, amidon et fructanes.

Pourquoi les sucres de l’herbe posent problème ?

Selon Longland & Byrd (2006), un excès de glucides peut provoquer :

  • une fermentation rapide dans le gros intestin
  • une acidose digestive
  • une perturbation du microbiote intestinal

👉 Ces phénomènes peuvent déclencher une cascade menant à la fourbure, notamment via une altération de la circulation sanguine dans le pied.

Les fructanes, abondants dans les graminées, sont particulièrement impliqués car ils échappent en partie à la digestion et arrivent directement dans le gros intestin (Longland & Byrd, 2006).

Des quantités de sucres parfois énormes

L’étude montre qu’un cheval de 500 kg peut ingérer :

  • jusqu’à 10 kg de sucres par jour
  • entre 3,5 et 7,3 kg de fructanes

👉 Ces niveaux sont comparables aux doses utilisées expérimentalement pour déclencher une fourbure (Pollitt et al., cité dans l’étude).

Des variations selon l’environnement

Les niveaux de sucres varient fortement selon les conditions :

  • températures basses → plus de sucres
  • forte luminosité → accumulation
  • sécheresse → augmentation des fructanes

👉 Une herbe stressée peut être plus riche en sucres qu’une herbe en pleine croissance (Longland & Byrd, 2006).

Le moment de la journée est crucial

Les concentrations de sucres évoluent au cours de la journée :

  • faibles le matin
  • maximales en fin de journée

Cela s’explique par la photosynthèse, qui produit et stocke les sucres au fil des heures (Longland et al., cité dans l’étude).

👉 Faire pâturer tôt le matin réduit donc le risque.

Quels chevaux sont les plus à risque ?

Tous les chevaux ne sont pas égaux face à la fourbure. L’étude souligne un risque accru chez :

  • les poneys
  • les chevaux en surpoids
  • les chevaux insulinorésistants
  • les chevaux ayant déjà fait une fourbure

👉 Chez ces profils, le seuil de tolérance aux sucres est plus faible.

Comment limiter le risque au pâturage ?

Les recommandations issues des travaux scientifiques incluent :

  • pâturage limité ou contrôlé
  • sorties tôt le matin
  • éviter les périodes à risque (printemps / automne)
  • utiliser un panier de pâturage
  • maintenir une herbe courte

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Attention au foin et aux analyses

L’étude rappelle que le foin peut aussi contenir des niveaux élevés de sucres.

👉 Il est donc essentiel de :

  • faire analyser les fourrages
  • comprendre les valeurs NSC et WSC
  • adapter la ration

Une mauvaise interprétation des analyses peut conduire à des erreurs de gestion alimentaire (Longland & Byrd, 2006).

Conclusion

Les données scientifiques sont claires : la fourbure liée à l’herbe est fortement liée à l’ingestion de sucres en excès.

👉 Une gestion raisonnée du pâturage, basée sur la science, permet de réduire considérablement les risques.

Observer, analyser et adapter restent les clés pour protéger durablement votre cheval.

Sources scientifiques

Longland, A.C., & Byrd, B.M. (2006). Pasture Nonstructural Carbohydrates and Equine Laminitis. The Journal of Nutrition, 136(7), 2099S–2102S. DOI: https://doi.org/10.1093/jn/136.7.2099S

Étude accessible via ScienceDirect : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0022316622083985

À voir également : Et si la naturopathie pouvait transformer la santé de votre cheval ?

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