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Article rédigé par Maud Chatel – en collaboration avec Rehactiv’Equine
Quand on parle d’échauffement du cheval, tout le monde s’accorde sur une base : il faut toujours marcher avant de trotter ou galoper. Mais ensuite, les avis divergent : certains préfèrent trotter avant de galoper, d’autres l’inverse. La science, elle, montre que trotter avant de galoper est la solution la plus sûre pour la santé et les performances du cheval.
Chez le cheval comme chez le sportif humain, l’échauffement sert à préparer le corps à l’effort et à éviter les blessures. Il augmente la température du corps, active la circulation et « réveille » les muscles et les poumons.
La fréquence cardiaque doit monter petit à petit :
Passer directement du pas au galop, c’est faire bondir le rythme cardiaque de plus de 100 battements/minute d’un coup. Résultat : le corps passe en mode « urgence » → fatigue, acidité musculaire et risque de déshydratation.
🧠 À savoir : le « système anaérobie » est le mode d’énergie utilisé quand l’oxygène ne suffit plus ; il produit rapidement de l’acide lactique, cause de raideurs et de brûlures musculaires.
L’objectif de l’échauffement est d’augmenter la température des tissus. Après 15 à 20 minutes d’effort progressif, les muscles deviennent plus souples et réactifs.
Le trot est une allure symétrique (deux appuis au sol) qui répartit bien les charges et échauffe en douceur tendons et articulations. Le galop, dissymétrique, demande plus d’effort et crée davantage de pression sur les boulets et les tendons.
💡 Bon à savoir : au galop, la force sur le tendon fléchisseur peut atteindre 16,7 N/kg, contre 7 N/kg au pas. D’où l’intérêt de ne pas démarrer directement au galop !
Au galop, chaque foulée correspond à une respiration complète : inspiration quand le cheval s’étend, expiration quand il se regroupe. Si les muscles respiratoires (diaphragme, intercostaux) sont froids, le cheval s’essouffle plus vite.
De plus, le galop comprime les organes : le diaphragme repousse l’estomac et le foie à chaque mouvement. Sur un cheval souffrant d’ulcères, cela peut être très douloureux. Le trot, lui, stimule la respiration sans cette pression violente.
🌡️ Par temps froid (< 5 °C), galoper sans préparation peut irriter la trachée et les poumons.
Un échauffement ne prépare pas que les muscles : il réveille aussi le système nerveux. Au pas, les exercices latéraux ou les barres au sol activent la coordination et la proprioception (la capacité du cheval à sentir la position de son corps dans l’espace).
Galoper trop tôt peut tirer brutalement sur les nerfs du dos et du bassin, surtout s’ils ne sont pas « pré-étirés » au trot.
Un effort soudain augmente la production de cortisol (hormone du stress) et d’endorphines (anti-douleur naturelle). C’est pour cela que certains chevaux paraissent « plus souples » après un galop : ils ne sentent plus les raideurs… mais cela peut masquer une gêne réelle.
En chauffant progressivement, on évite ce pic hormonal et on garde un cheval plus détendu et plus à l’écoute.
Marcher, trotter, puis galoper : c’est la progression naturelle du corps du cheval. Elle respecte son cœur, ses muscles, sa respiration et même sa digestion. Galoper à froid peut donner de meilleures sensations sur le moment, mais fatigue et micro-lésions apparaissent plus vite.
En résumé : la patience des premières minutes fait gagner de la longévité et du bien-être à long terme.
Toutes ces études sont citées dans le texte original publié sur Rehactiv’Equine.
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